Home Le territoire
Le Territoire

 

Djoua est un petit village kabyle perché sur un pic montagneux, le pic de Djoua d’une hauteur de 1005M, qui domine le golfe de Béjaïa. Le village se trouve sur le territoire des At Bimoun. Il  fait partie des cinquante villages qui composent cette confédération.

 

Djoua est un site bien connu des At Bimoun et des populations avoisinantes. On y trouve le tombeau d’un marabout, Imma Djoua, sous la

djoua

protection duquel sont placés le village et la fontaine que l’on y atteint par un chemin unique. Des pèlerinages auprès du mausolée étaient

traditionnellement organisés autrefois  par les habitants de la région  pour invoquer  Imma Djoua. Ils  donnaient  lieu à de mémorablesfestivités. La légende dit que le Saint réalisait des miracles forts impressionnants. Elle dit également que yemma Djoua était la sœur de yemma Gouraya car les similitudes sont frappantes par leur situation sur les pics de deux montagnes qui se regardent avec, toutes les deux, à leurs pieds le mausolée de Sidi Aissa.

 

Autrefois  aussi les habitants des At Bimoun se rendaient au marché qui se tenait le mardi (Tslatha) au pied de la montagne de Djoua. Ce marché appelé Tslatha n’At Bimoun, constituait un carrefour d’échanges de part sa position. Au-delà des échanges économiques, cet espace était aussi un lieu de partage d’idées et de règlement de conflits entre les populations de d’At Bimoun notamment celles d’At Sliman, d’At Amrous, d’At Kharoun ou d’At Boumessaoud…

 

Toutes ces populations habitaient sur les terres qu’elles possédaient et possèdent toujours sur les hauteurs du littoral qui longe la mer entre Béjaïa et Tichy.

Pendant des siècles ils y ont cultivé le chêne (akherouch) à  glands doux, le chêne zen, l’orme, le blanc de Hollande (safsaf),  la vigne, l’olivier, le miel, la cire etc…

Ils ont pratiqué l’élevage de bovins, de caprins, d’abeilles.

Ils ont exercé les métiers de l’artisanat traditionnel : bucherons, forgerons, cordonniers, fabrication bateaux de pêche, de charbon de bois de savon, vannerie, de tuiles,  etc…

bgayet

Djoua et son territoire se trouvent dans l’immédiat arrière pays de la capitale régionale Béjaïa. De tout temps le territoire a vécu au rythme des bouleversements qui ont secoué la ville. Pour le meilleur et pour le pire. Béjaïa était la fenêtre de la région sur le monde. C’était un site stratégique exposé à la convoitise et aux agressions des conquérants. Face aux périls, la ville s’est de tout temps  tournée vers  l’arrière pays  pour trouver refuge  ou puiser dans l’indomptable bastion de résistance paysanne du territoire, les forces combattantes qui allaient donner l’assaut.

C’est également dans le territoire comme creuset du patrimoine culturel et linguistique  de la région, que se dissolvaient les influences dé personnalisantes.

La grandeur de la ville a bénéficié aux territoires au cours de diverses périodes de l’histoire. Elle y

a stimulé les activités de production et fourni des  débouchés nécessaires

 

Ainsi a été la vie à Djoua, jusqu’aux bouleversements survenus durant la guerre de libération  en 1958, lorsque le territoire fut déclaré zone

bois

interdite par l’armée française.

 

La région fut désertée et Djoua abandonné par ses habitants. La plupart ont rejoint Béjaïa d’où ils ne sont  jamais retournés.

Lorsque la guerre pris fin, l’exode rural puis l’attrait de la ville et de la modernité ont définitivement fixés les populations dans les villes. Djoua fut définitivement  abandonné. Il n’est plus que ruine.