| El Watan |
"Randonnées à dos d’âne et chasse au trésor à Djoua"
Du mercredi 5 au mardi 11 août. Abandonné depuis 1958 du fait de son bannissement par l’armée française, le village Djoua entend réexister et découvrir enfin l’indépendance. Perché sur un pic dominant le golfe de Béjaïa à plus de 1000 m , ce village ancestral qui vivait du chêne-liège et du charbon de bois avait été déclaré zone interdite durant la guerre de libération. Ses habitants, réprimés et chassés, avaient rejoint les chemins de l’exil, qui à Bejaïa, qui à Alger, Oran ou Annaba, qui dans l’émigration. Depuis, Djoua est resté « orphelin de ses enfants ». Aujourd’hui, il aspire à se réinscrire sur la carte du pays et reprendre son destin millénaire. Pour donner le départ à cette formidable entreprise historique et humaine, un Festival aura lieu du 5 au 11 août sur les lieux mêmes de cet « effacement ». L’association Djoua pour la protection et le développement du patrimoine et du tourisme, qui organise cette rencontre extraordinaire, a soigneusement étudié les conditions de résurgence de ce village dans une démarche de développement rural durable. Et pour susciter l’adhésion des citoyens et la participation des pouvoirs publics, elle propose durant une semaine un programme de découvertes centré sur la nature et la culture. Plusieurs bonnes volontés à Béjaïa, Alger et Paris se sont jointes à ce magnifique projet de vie. Elles ont même créé, en plus de l’association, une entreprise citoyenne, Djoua Construction, qui prendra en charge le projet. Sur le plateau de Imma Djoua, mère spirituelle des lieux, un immense couscous consacrera le début du festival. Plus de 15 ha de surface avec une vue saisissante sur Béjaïa et son golfe accueilleront un espace culturel (musique, poésie, théâtre, danse…), un souk avec des dizaines de stands d’artisans, un espace associatif, un espace rencontres et débats et une aire de loisirs et de jeu pour les enfants et les jeunes. Les organisateurs ont tout prévu, allant jusqu’à aménager deux pistes carrossables sur le plateau, prévoyant toutes les conditions de confort et de sécurité (sanitaires, équipe médicale, zones d’ombre, sonorisation, alimentation en eau…). Un groupe d’architectes algériens et français a même réalisé une étude d’aménagement du festival avec en surplomb la scène principale qui accueillera les concerts. Des spécialistes viendront présenter des communications sur l’architecture, le patrimoine, l’eau, le développement et d’autres sujets passionnants. Quant au programme artistique, il a de quoi faire envie à plusieurs grosses villes avec Djamel Allam, Diwan de Béchar, Akli Yiahiatène, l’Ecole de musique andalouse de Béjaïa, et de nombreux autres formations du pays. Le programme d’animation comprend une foule d’activités : randonnées à dos d’âne, chasse au trésor, tir à l’arc, cerf-volant, parapente, jeux traditionnels, astronomie, etc. Tout cela figure sur le site du festival : www.festivaldjoua.net. Djoua veut renaître à la vie en apothéose et vous pouvez soutenir le projet tout simplement en y allant. Quelle meilleure formule que de se donner du plaisir en participant à une activité citoyenne et une sorte de revanche intelligente sur l’histoire, le tout dans un cadre magnifique ?
A. Ferhani Rubrique Sortir, El Watan Vendredi - 31 juillet 2009
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